Le Château de Fond l'Evêque

C'est sur la lisière de la forêt tihangeoise que se trouve le château de Fond l'Evêque.

Les origines de ce toponyme sont bien mystérieuses. "Fond l'Evêque" pourrait venir de "Fond le Vesque" mentionné quelques fois dans les registres de la Cour de Justice de Tihange (XVe siècle) ou de "Fonts l'Evêque" qui serait l'appellation initiale du lieu.

On peut raisonnablement penser qu'au VIIe siècle, Jean de Hermalle (ou de Tihange), surnommé plus tard "l'Agneau", a pu s'installer dans ce cadre agreste en raison surtout de la présence de fontaines (ou sources).

Histoire

Promu à l'épiscopat entre les années 622 et 624, Jean mourut après 640 (646 ?) à Huy ou à Tihange dans sa demeure familiale, à un âge avancé.

Ce n'est que dans des écrits du XVe siècle qu'on retrouve citée l'existence d'une habitation rustique, dont il ne reste d'ailleurs rien déjà à cette époque.

Une exploitation agricole est mentionnée dans ce lieu à plusieurs reprises au XVe siècle, puis au XVIe siècle lorsqu'elle est propriété de Martin Badin de Hosten, échevin de Huy de 1528 à 1591. Elle est alors connue sous le nom de Fond le Vesque.

La carte de Ferraris ou carte des Pays-Bas autrichiens est une carte historique établie entre 1770 et 1778 par le comte Joseph de Ferraris, directeur de l'école de mathématique du corps d'artillerie des Pays-Bas. Sur cette carte on trouve l'indication d'un chateau Fond de l'Évèque.

Dans une demeure souvent transformée se sont succédé plusieurs familles.

C'est Charles Fabry, financier et banquier, qui lança la construction actuelle en 1921. Les tihangeois ne furent d'ailleurs pas très heureux à l'annonce de la démolition du vieux château de Fond l'Evêque.

Le Château

On ne sait rien de la demeure de Jean l'Agneau, ni même de l'habitation rustique citée dans des écrits du XVe siècle. La propriété était semble t'il un joli petit château dont l'origine est assez vague et sans grand intérêt.

On a vu ce qu'il en advint en 1921. Toujours isolé dans un grand parc accessible par une longue drève de marronniers, le château est composé aujourd'hui d'un ensemble de bâtiments de plusieurs époques, entourant une cour pavée à l'ouest. Un étang situé contre le côté Est laisse à penser que le tout était protégé autrefois par des douves.


Les traces d'un noyau en moellons de grès remontant au début du XVIIe siècle sont visibles dans l'harmonieuse façade du corps de logis ouverte vers le parc et largement reconstruite en briques et calcaire au XVIIe siècle.

Sur un soubassement de moellons de grès, une reconstruction eut lieu au XVIIIe siècle. Deux niveaux de neuf travées, les deux extrêmes en ressaut, celle du centre plus large et précédée d'un perron à degrés arrondis.

Des baies à linteau bombé et clé trapézoïdale sont protégées par des contrevents au rez de chaussée. Une porte d'entrée à linteau droit est surmontée d'un balcon à garde-corps en fer forgé. La toiture d'ardoises est ajourée de 10 lucarnes à croupes.

A droite du corps de logis, précédé de deux chasse-roues, le portail à anse de panier et à clé trapézoïdale datée 1793, est inscrit dans un encadrement rectangulaire.

L'aile nord, occupée autrefois par les communs, construite en briques et calcaire sur soubassements de moellons de grès, a été largement réaménagée vers 1925.

Pour revenir à des notions plus poétiques, signalons que, il n'y a pas si longtemps, on pouvait encore voir, à l'orée du bois, le petit oratoire où, dit-on, Jean l'Agneau se retirait pour y prier et méditer dans le calme.